Découvrez l’Œuvre Architecturale de Le Corbusier en 10 bâtiments

Le Corbusier

Photo: Stock Photos par Stefano Chiacchiarini/Shutterstock

De son véritable nom Charles-Édouard Jeanneret-Gris, Le Corbusier (1887-1965), cet architecte, théoricien, écrivain, sculpteur, peintre et designer de meubles a laissé derrière lui un héritage qui semble plus contemporain que jamais. Architecte aussi brillant que controversé du XXème siècle, son œuvre est colossale (300 bâtiments et 24 livres) et sa contribution au mouvement moderne inestimable.

Selon l'UNESCO, son œuvre “témoigne de l'invention d’un nouveau langage architectural en rupture avec le passé”. Embrassant des techniques architecturales nouvelles et une gestion de l'espace centrée sur les nouveaux besoin d'une société en constante industrialisation, Le Corbusier répond aux enjeux de renouvellement des techniques architecturales.

Ses designs sont dénués d'ornements superflus, au profit de formes géométriques, de compositions asymétriques et d'espaces ouverts. Les matériaux sont emblématiques de l'esthétique industrielle, avec le béton, le métal et le verre, les tons sont neutres. Il est souvent décrit comme “expressionniste” dans son approche du fonctionnalisme de l'époque, qui consiste à concevoir les bâtiments exclusivement en fonction de leur usage.

Inspiré par des mouvements du début du XXème siècle tels que l'art nouveau et le Bauhaus, son utilisation du “plan libre” libère les façades et les espaces intérieurs des contraintes de la structure.

Découvrez 10 bâtiments emblématiques conçus par Le Corbusier en France :

 

La Villa Savoye. 1931. Poissy, France

Villa Savoye

Photo : Rory Hyde, CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons

La Villa Savoye est située sur une terre boisée à trente kilomètres de Paris. Elle a été conçue à l'origine par Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret en tant que maison de vacances pour les Savoye, une famille de parisiens.

La villa est avant-gardiste dans son incorporation des “cinq points pour une architecture nouvelle” : des “Pilotis”, ou des poteaux équidistants pour surélever la base de la construction, l'absence de murs porteurs intérieurs, de longues fenêtres horizontales, une façade sans structure porteuse, et un toit plat pouvant faire office de jardin ou de terrasse.

L'herbe sous le climat tempéré de la région étant souvent humide, le véritable jardin de la maison se trouve à 3,50 mètres de hauteur. Le sol de ce jardin suspendu est conçu en dalles de ciment pour lui permettre de sécher rapidement en cas de pluie.

“La vue est très belle, l’herbe est une belle chose, la forêt aussi : on y touchera le moins possible. La maison se posera an milieu de l’herbe comme un objet, sans rien déranger.” écrira Le Corbusier à propos de la Villa Savoye dans son Œuvre complète.

Villa Savoye vue du salon

Vue de la terrasse depuis le salon. (Photo : Netphantm, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons)

 

La Maison La Roche. 1925. Paris, France

Maison La Roche

Photo : Cosa2244, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

La “Maison La Roche” aussi connue sous le nom de “Villa La Roche”, est un duo de maisons mitoyennes, construites pour le compte du frère de Le Corbusier, Albert Jeanneret qui habitera avec sa famille la “Maison Jeanneret”, et Raoul La Roche, un collectionneur d'art Cubiste et ami de l'architecte qui occupera la “Maison La Roche”.

Ce projet est considéré comme la première construction véritablement moderne, avec ses formes géométriques, son esthétique minimaliste et ses tons neutres. Elle est l'un des premiers exemples en France de l'application des “cinq points d'une architecture nouvelle”.

La villa est aujourd'hui un musée et abrite les expositions de la Fondation Le Corbusier.

“L'architecture, c'est une tournure d'esprit et non un métier.”

le toit de la maison La Roche

Le toit-terrasse de la maison La Roche communique avec le toit-terrasse de la maison Jeanneret. (Photo : Jean-Pierre Dalbéra, CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons)

 

Notre-Dame du Haut. 1954. Ronchamp, France

Chapelle Notre Dame du Haut vue de l'extérieur

Maquette de Notre Dame du Haut de le Corbusier à Mini-Europe, Bruxelles. (Photo : Immanuel Giel, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons)

L'un des designs les plus radicaux de la seconde moitié de la carrière de Le Corbusier, cette chapelle Catholique marque une rupture avec le style fonctionnaliste de ses projets précédents.

La chapelle a été érigée sur la colline de Ronchamp, sur un site de pèlerinage entièrement détruit pendant la seconde guerre mondiale. Le toit en béton, conçu avec une structure à coque (de forme creuse et courbe) est soutenu par des colonnes dissimulées dans les murs. Les murs sont épais et curvilignes, apportant stabilité et structure, et entrecoupés de fenêtres à la forme irrégulière. Un espace entre les deux permet à un rai de lumière de pénétrer la structure. Bien que son apparence extérieure suggère un agencement complexe, l'intérieur est plutôt simple.

 

L'église Saint-Pierre · Firminy, France

façade de l'église Saint-Pierre à Firminy

L'église Saint-Pierre, à Firminy. (Photo : Peter.Pielmeier, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons)

Dernière œuvre majeure du Corbusier, dont la conception a débuté en 1960. La construction de cette église en béton a commencé en hommage à l'œuvre de Le Corbusier en 1970 et a été achevée en 2006, 41 ans après sa mort. L'église est située dans une ancienne zone minière et industrielle, ce qui explique la logique sous-tendant sa forme : le bâtiment évoque une centrale électrique plus qu'un lieu de culte. Lors de sa conception, Le Corbusier a expliqué que l'église se devait d'être  “vaste pour que le cœur y soit à l'aise et haut pour que les prières y respirer”.

Le bâtiment, dont la base en forme de pyramide de 25 mètres de côté se métamorphose en une forme plus sphérique à l'étage, comprend quatre salles d'exposition et une salle de conférence, une chaire et un autel. Dans la nef principale, les orifices découpés dans la coupole sont disposés d'après la constellation Orion.

“L'architecture est le jeu savant, correct et magnifique, de formes assemblées dans la lumière.”

Jeux de lumière dans l'église Saint-Pierre

Photo : Kamalpassi2102, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

 

La Maison de la Culture. 1965. Firminy, France

Maison de la Culture de Firminy - Le Corbusier

L'extérieur de la maison de la culture à Firminy. (Photo : Charly Jurine, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons)

Ce centre culturel situé à Firminy, près de l'église the Saint-Pierre, a été achevé l'année de la mort de Le Corbusier. C'est d'ailleurs la seule construction réalisée du vivant de l'architecte à Firminy.

Le bâtiment de 112 mètres de long a été construit sur une colline artificielle. Il est composé d'un toit concave asymétrique, initialement destiné à recevoir une couche de terre pour créer un toit végétal, reposant sur un système de câbles. La façade Ouest est inclinée de sorte que les gradins installés à l'intérieur suivent la même forme, et les fenêtres extérieures sont entrecoupées de panneaux de couleur primaire.

La Maison de la Culture abrite un auditorium, une salle de musique, un théâtre et un atelier d'art.

Maison de la culture - foyer bar

Le foyer bar de la maison de la culture à Firminy. (Photo : Maison de la Culture de Firminy, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons)

 

Le Couvent Sainte-Marie de la Tourette. 1960. Éveux, France

Couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette

Façade sud du Couvent Sainte-Marie de La Tourette. (Photo : Jerome 442, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons)

Classé au patrimoine de l'UNESCO en 2016, ce monastère dédié à la formation des jeunes frères de l'ordre des Dominicains a été conçu comme une résidence communautaire. Le Corbusier a déclaré à propos du couvent : « Ce couvent de rude béton est une œuvre d'amour. Il ne se parle pas. C'est de l'intérieur qu'il se vit. C'est à l'intérieur que se passe l'essentiel. »

Ce bâtiment complexe comprend une centaine de chambres individuelles, une librairie commune, un cloître sur le toit, une église, et des salles d'étude. Chacune des cent chambres possède un balcon extérieur, avec des fentes horizontales pour laisser pénétrer la lumière and offrir des vues de la nature environnante.

L'ordre dominicain a fermé le couvent à la suite de la crise de mai 1968, et il est question de le vendre. Une vingtaine de frères résistent à l'éviction, convaincus que l'architecture du lieu incarne bien la quête spirituelle de leur ordre. Le lieu devient alors un lieu de retraite spirituelle accueillant des visiteurs du monde entier. Vous pouvez vous aussi y séjourner, lorsque les restrictions sanitaires le permettront.

« Ce couvent de rude béton est une œuvre d'amour. Il ne se parle pas. C'est de l'intérieur qu'il se vit. C'est à l'intérieur que se passe l'essentiel. »

Refectoire du couvent de la Tourette

Le réfectoire du couvent Notre-Dame de la Tourette. (Photo : Camster, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons)

Les matériaux de la planification urbaine sont les suivants: ciel, espace, arbres, acier et ciment; dans cet ordre et cette hiérarchie.

 

La Cité radieuse – Marseille

façade de la cité radieuse de marseille

Photo : Velvet, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Erigée au milieu d’un vaste parc de 3 hectares et demi, baignée de lumière et de soleil, l’Unité d’Habitation est devenue un grand classique architectural et on la considère souvent comme le bâtiment qui a inspiré par la suite le style et la pensée brutaliste. L'immeuble de de 165 mètres de long et 56 mètres de haut est orienté est-ouest et ne comporte aucune ouverture vers le nord. Il est construit sur pilotis, le sol étant réservé aux piétons.

A l'intérieur se trouvent 337 appartements de 23 types différents, du plus compact au plus spacieux. Les appartements sont groupés par deux, imbriqués le long de cinq grands couloirs appelées « rues intérieures » situées dans l’axe longitudinal du bâtiment. Chaque appartement est construit sur deux étages à la manière d'une maison individuelle.

Le Corbusier a conçu cette “unité d'habitation” dans l'idée de concentrer en un même lieu tout ce qui peut être nécessaire à un habitat collectif autonome : aux niveaux 7 et 8 se trouvent la rue commerçante, avec des commerces alimentaires, un restaurant, salon de thé et snack bar. Tous les services possibles et imaginables, tels que pressing et teinturerie, droguerie, coiffeur, bureau de poste, bureau de tabac, librairie et dépôt de pharmacie. Sur la même rue intérieure se trouvent des chambres d’hôtel. Au dernier étage (17e niveau) se trouvent une crèche donnant directement sur le jardin via le toit-terrasse réservé aux enfants, qui possède même une petite piscine. On y trouve également une salle de sport, un espace sportif à l'extérieur, un solarium, et une piste de course à pied de 300 mètres.

Aujourd'hui, le gymnase est devenu un centre d'art contemporain, et l'auditorium abrite de nombreux évènements. Le public peut visiter les parties communes (le Hall, la rue commerçante du 3ème étage, le toit terrasse) librement, et le reste (dont un appartement-type classé Monument Historique) avec un guide conférencier.

rue intérieure de la cité radieuse

Photo : Captainm, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

 

Le Cabanon – Roquebrune-Cap-Martin

Le Cabanon du Corbusier

Photo : Tangopaso, domaine public, via Wikimedia Commons

Accessible seulement par le sentier du littoral dit des douaniers, à Roquebrune-Cap-Martin dans les Alpes-Maritimes, le cabanon a été préfabriqué à Ajaccio selon les principes du Modulor, un système de mesures directement liées à la dimension humaine. Si l'extérieur rappelle celui de n'importe quel cabanon, l'intérieur est un véritable exercice de modulation d'un espace restreint.

Il est composé d'une pièce unique de 3,66 par 3,66 mètres en revêtement bois. On peut y voir deux lits, une table pliable, deux cubes en guide de chaises, des rangements, un petit évier rond en métal, des toilettes, et des peintures de l'architecte.

Attaché grâce à une partition interne au café attenant, L'Étoile de Mer, appartenant à la famille Rebuto. Pour financer le terrain sur lequel le cabanon a été construit, Le Corbusier a construit cinq maisons de vacances pour la famille Rebuto, les Unités de Camping.

 

L'usine Claude-et-Duval. 1951. Saint-Dié-des-Vosges, France

façade de l'usine Claude et Duval

Photo : LauterGold, CC BY-NC 2.0 via Flickr

Seul bâtiment industriel conçu par Le Corbusier, cette bonneterie entrera en production en 1952. Elle sera classé monument historique en 1988. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis le 17 juillet 2016.

En grande partie détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, la commune de Saint-Dié a connu un renouvellement difficile mais spectaculaire. Après le rejet à l'unanimité du plan de reconstruction de la ville en 1945, c'est le dirigeant d'entreprise, Jean-Jacques Duval, propriétaire d'une usine de bonneterie détruite en grande partie par l'occupant, qui demanda à Le Corbusier de la reconstruire, dans l'idée de la moderniser. Le Corbusier a encadré le nouveau bâtiment sur la mémoire de l'ancien. Les parois sont construites en pierre prélevée sur des bâtiments en ruines de la région. Une structure en béton est insérée entre les deux.

L'usine constitue historiquement la première application concrète du Modulor, ce concept architectural formulé par Le Corbusier en 1945 et basé sur la standardisation des mesures, dans le but de permettre un confort maximal entre l'Homme et son espace vital.

L'intérieur est centré sur la modernisation du procédé de fabrication, avec un studio central. Il présente l'image d'une structure de la communauté de l'usine, plutôt qu'une succession d'espaces distincts constituant la chaîne de fabrication. Cette première conception de Le Corbusier après la guerre démontre à la fois une allégeance aux principes de la construction dans l'esprit de la nature, et une attitude idéaliste quant aux rouages de l'industrie moderne.

intérieur de l'usine Claude et Duval

Intérieur de la bonneterie Claude et Duval. (Photo : service Communication / Promotion de la Ville de Saint-Dié-des-Vosges)

 

La Maison-atelier du peintre Amédée Ozenfant. 1922. Paris, France.

façade de la maison

Photo : wsifrancis, CC BY-NC-ND 2.0 via Flickr

Dans le XIVème arrondissement de Paris se trouve la maison-atelier du peintre et ami de Le Corbusier, Amédée Ozenfant. Considérée comme un prototype de la maison Dom-ino, elle témoigne également de la “période laboratoire” de l'architecte.

Elle démontre une dimension utilitariste dans le traitement de l'espace à vivre. Le Corbusier considérait en effet la maison comme “une machine à habiter”. Le volume est dématérialisé au profit de la luminosité et de la mobilité. On y observe une clarté géométrique à l'intérieur, apportée par l'immense toit en verre, remplacé depuis par un toit terrasse. Le peintre y avait à l'époque installé son espace à vivre au premier étage, et son atelier au second.

façade de la maison du peintre

Photo : wsifrancis, CC BY-NC-ND 2.0 via Flickr

Fondation Le Corbusier : Site Web

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Alexia Allard

Alexia Allard est rédactrice collaboratrice pour My Modern Met et traductrice à Londres. On peut souvent la trouver en train de restaurer des meubles anciens, flâner dans les brocantes, ou visiter les monuments historiques anglais.
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