Qui Sont les Modèles des Portraits les Plus Célèbres de l’Histoire de l’Art ?

Johannes Vermeer, "L'Art de la Peinture" (Détail)

Johannes Vermeer, “L'Art de la Peinture (Détail),” ca. 1666-1668 ((Photo: Google Arts & Culture via Wikimedia Commons Domaine Public)
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Peu importe leur domaine de prédilection, la plupart des artistes se sont essayés à l'art ancestral du portrait. Ce genre a été pratiqué par les peintres les plus influents de l'histoire de l'art, aboutissant à une vaste collection de portraits célèbres dans le monde entier.

Tandis que les artistes à l'origine de ces œuvres sont bien connus, leurs modèles le sont souvent moins. Bien qu'un certain nombre d'entre eux, comme par exemple le scintillant Portrait d'Adèle Bloch-Bauer par Gustav Klimt mentionnent le nom de la personne ayant posé pour le tableau, d'autres sont plus flous à cet égard, comme la fantasque Femme au Chapeau d'Henri Matisse. La vérité derrière ces tableaux jette un nouvel éclairage sur ces portraits familiers.

 

La Joconde

Léonard de Vinci, "La Joconde"

Léonard de Vinci, “La Joconde,” ca. 1503-1516 (Photo: Galerie de tableaux en très haute définition via Wikimedia Commons Domaine Public)

Portrait le plus célèbre de l'histoire de l'art, La Joconde a été peint par l'artiste, inventeur et écrivain italien Léonard de Vinci en 1506. Le chef d'œuvre est un portrait en buste d'une femme assise dans une loggia (une pièce avec au moins un côté ouvert) surplombant un paysage brumeux. La femme est tournée vers le spectateur, elle sourit.

Mais qui est donc La Joconde ? Pendant des siècles, l'identité de cette figure reconnaissable entre mille est restée un mystère. En 2005, de chercheurs allemands ont découvert un commentaire manuscrit dans le Codex Manesse de Heidelberg, identifiant Lisa del Giocondo (née Gherardini), une femme de la noblesse Florentine. Le portrait aurait été commissionné par son époux, Francesco Giocondo, un négociant.

Bien que le portrait de La Joconde exposé au musée du Louvre à Paris soit le plus célèbre, il y en a bien d'autres. Au fil des siècles, de nombreux artistes, y compris dans le cas de la copie du musée du Prado, les élèves de Léonard de Vinci ont créé leur propre portrait de la légendaire Lisa del Giocondo.

Atelier de Léonard de Vinci, "La Joconde (Copie du musée du Prado),"

Atelier de Léonard de Vinci, “La Joconde (Copie du musée du Prado),” ca. 1503-1516 (Photo: Museo del Prado via Wikimedia Commons Domaine Public)

 

La Jeune Fille à la Perle

La Jeune Fille à la Perle

Johannes Vermeer, “La Jeune Fille à la Perle” ca. 1665 (Photo: Mauritshuits via Wiki Art Domaine Public)

En 1665, l'artiste néerlandais Johannes Vermeer a créé son œuvre la plus célèbre : La Jeune Fille à la Perle. Plusieurs historiens de l'art ont tenté de découvrir l'identité de la jeune femme qui y est représentée. L'une des théories les plus communément admises est qu'il s'agirait de Maria Vermeer, la fille aînée du peintre. Cependant, de nombreux chercheurs s'accordent à dire que si cette peinture à l'huile est souvent considérée comme le portrait le plus important, il ne s'agit techniquement pas d'un portrait.

La Jeune Fille à la Perle serait en réalité un tronie, l'étude d'une personne non-identifiée. Les tronies étaient particulièrement populaires durant l'âge d'or de l'art néerlandais, lorsque des artistes tels que Vermeer et Rembrandt ont commencé à faire appel à des modèles anonymes pour leurs “portraits”. Ces modèles étaient souvent habillé(e)s dans un style opulent, et se tenaient devant une toile de fond de couleur neutre, accentuant leur nature anonyme.

La Jeune Fille à la Perle est un exemple parfait de cette tradition, puisqu'il représente une femme inconnue habillée de vêtements fastueux. “Comme une vision émanant de l'obscurité, on ne peut lui attribuer ni époque, ni lieu” expliquent les historiens de l'art Arthur K. Wheelock et Ben Broos dans un catalogue d'exposition. “Son turban exotique, enveloppant sa tête d'un bleu cristallin, est surmonté d'un tissu jaune vif tombant derrière son épaule, conférant à l'image un air mystérieux.”

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Tronies par Rembrandt au Metropolitan Museum of Art

 

Portrait d'Adèle Bloch-Bauer

Portrait d'Adele Bloch-Bauer

Gustav Klimt, “Adèle Bloch-Bauer I,” 1907 (Photo: Neue Galerie via Wikimedia Commons Domaine Public)

Durant son âge d'or, l'artiste Gustav Klimt décorait ses toiles de feuilles d'or. Cette décision monumentale a débouché sur deux de ses peintures les plus précieuses : Le Baiser et le Portrait d'Adèle Bloch-Bauer I.

Le Portrait d'Adèle Bloch-Bauer I dépeint Adèle Bloch-Bauer, une riche femme juive de Vienne. Amie ou maîtresse de l'artiste, Bloch-Bauer était une mécène. Elle et son époux, Ferdinand Bloch-Bauer, ont rassemblé une collection de plus de 400 œuvres d'art, incluant le Portrait d'Adèle Bloch-Bauer, une peinture commissionnée par Ferdinand en guise de cadeau d'anniversaire de mariage pour ses beaux-parents.

La peinture est également célèbre pour son histoire teintée de controverse. Bien qu'elle ait inscrit dans son testament son souhait de voir son portrait donné à la Galerie nationale à Vienne, son beau-frère a décidé de le garder dans la famille. Il était souvent prêté à des musées et des galeries pour des expositions, avant d'être volé par les Nazis en 1941.

Après la guerre, il a été placé à l'Österreichische Galerie Belvedere de Vienne, avant d'être rendu à la famille Bloch-Bauer en 2006. Il a été vendu quelques mois plus tard pour 135 millions de dollars.

 

Arrangement en Gris et Noir

La mère de Whistler

James Abbott McNeill Whistler, “Arrangement en Gris et Noir No. 1,” 1871 (Photo: Musée d'Orsay via Wikimedia Commons PDomaine Public)

L'artiste américain James Abbott McNeill Whistler a peint Arrangement en Gris et Noir No. 1, un portrait de sa mère, Anna McNeill Whistler, en 1871.

Né en Caroline du Nord, Anna McNeill Whistler s'est installée en Russie avec son mari, George Washington Whistler, dans les années 1830. A la suite de son décès plusieurs années plus tard, elle est partie vivre en Angleterre avec son fils, James. C'est dans leur maison de Londres qu'il a peint ce portrait célèbre, représentant la femme de 67 ans assise devant un mur gris.

Bien que cette œuvre soit souvent appelée La Mère de Whistler, l'artiste l'a en réalité intitulée Arrangement en Gris et Noir No. 1 comme un clin d'œil à son approche lyrique de la peinture. “La musique étant la poésie du son, la peinture est la poésie de la vision, et le sujet n'a rien à voir avec l'harmonie des sons ou des couleurs. . . c'est pourquoi j'insiste sur le fait d'appeler mes œuvres arrangements et harmonies,” disait-il en 1878.

Anna Matilda Whistle

Anna Matilda Whistle (Photo via Wikimedia Commons Domaine Public)

 

Portrait de Gertrude Stein

 Portrait de Gertrude Stein

Pablo Picasso, “Portrait de Gertrude Stein,” 1905-1906 (Photo via Wikimedia Commons Domaine Public)

Au début du XXème siècle, l'écrivaine et et collectionneuse acclamée Gertrude Stein était au premier plan de l'avant-garde à Paris. Après avoir quitté Oakland en Californie pour la capitale française en 1903, elle a travaillé en étroite collaboration avec d'importantes figures du mouvement moderniste, des écrivains innovants tels que F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway aux artistes d'avant-garde tels qu'Henri Matisse et Pablo Picasso.

Le soutien de Stein était important pour Picasso en particulier, qui considérait son mécénat comme le catalyseur de ses premiers succès. En 1905, il a peint un portrait de Stein dans un style typique de sa Période Rose, une phase caractérisée par une palette de couleurs chaudes et des allusions aux masques africains et aux sculptures ibères. 

En plus d'illustrer les caractéristiques-clés de cette importante période, le Portrait de Gertrude Stein capture également l'assurance de cette femme qui ne devait rien à personne, à la grande satisfaction de Gertrude Stein. “J'étais et je suis toujours satisfaite de mon portrait. Pour moi, il me représente, et c'est la seule reproduction de moi qui me correspond toujours, selon moi” écrit-elle dans son livre, Picasso. 

 Gertrude Stein

Carl Van Vetchen, “Portrait of Gertrude Stein, avec le drapeau américain en toile de fond” 1935 (Photo: Library of Congress via Wikimedia Commons Domaine Public)

 

Femme au Chapeau

 Matisse

Henri Matisse, “Femme au Chapeau” 1905 (Photo: SFMOMA via Wikimedia Commons Public Domain)

En 1905, l'artiste Henri Matisse a peint la Femme au Chapeau, un portrait polychromatique de sa femme, Amélie. En plus de symboliser l'approche expressive de Matisse  et les prémisses du Fauvisme, cette peinture est un clin d'œil malicieux à la profession d'Amélie, qui était chapelière. 

Amélie a fait office d'agent pour son mari pendant des années, mais c'est finalement son obsession pour son art qui aura raison de leur union. “Je vous aime d'un amour tendre, mademoiselle,” a déclaré Matisse à sa femme “mais j'aimerai toujours la peinture davantage.”

Bien qu'ils se soient séparés en 1939 après plus de 40 ans de mariage, leur relation amoureuse comme professionnelle restera immortalisée sur la Femme au Chapeau, ainsi que plusieurs autres portraits de Madame Matisse. 

 Amélie Matisse

Amélie Matisse (Photo via Wikimedia Commons Domaine Public)

 

American Gothic

 American Gothic

Grant Wood, “American Gothic,” 1930 (Photo: Google Arts & Culture via Wikimedia Commons Domaine Public)

L'artiste Grant Wood est le créateur d'American Gothic, l'un des tableaux les plus célèbres de toutes les œuvres américaines modernes, en 1930. Bien que beaucoup supposent que le ce couple à l'allure sombre ait été inspiré d'un vrai fermier et sa femme, le tableau iconique est en réalité le portrait d'un duo inattendu: la petite sœur de l'artiste, Nan Wood Graham, et son dentiste, Dr. Byron McKeeby. 

Wood a tiré son inspiration de la Dibble House, “une maison Néo-Gothique à Eldon, Iowa, avec un très fort potentiel”. Pour créer l'atmosphère, il a décidé d'inclure le genre de personnes qui pourraient y vivre”. Plutôt que de faire appel à des modèles pour cette peinture, il a demandé à Graham et McKeeby de poser pour lui. 

Bien que l'intention initiale de Wood ait été de représenter un père et sa fille, il était ouvert aux interprétations du public. “Ces détails ne sont pas vraiment importants” écrivait l'artiste dans une lettre en 1941. “Ce qui est important en revanche, est le fait que ces visages reflètent la vraie vie américaine, et révèlent quelque chose à son sujet”.

Nan Wood Graham et Dr. Byron McKeeby

Nan Wood Graham et Dr. Byron McKeeby

Alexia Allard

Alexia Allard est rédactrice collaboratrice pour My Modern Met et traductrice à Londres. On peut souvent la trouver en train de restaurer des meubles anciens, flâner dans les brocantes, ou visiter les monuments historiques anglais.
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